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Il s’agissait de verdure… donc, de quoi ne s’agissait-il pas ?

2017-08-11T12:11:45+00:00 Par |Application, Inspiration|

Cette matinée-là, nous avons eu droit aux présentations de six études, éléments du Groene Agenda (Agenda Vert), le programme du secteur prioritaire de iVerde et de Royal Floraholland. Une chose est bien mise en évidence : Le vert est inhérent à la vie. En tant que descendants des habitants des savanes, nous nous sentons à l’aise dans la verdure qui nous aide à guérir plus rapidement ; Les villes ont de plus en plus de mal à gérer les fortes pluies : on prend conscience des solutions remarquables que les plantes nous offrent en cette matière ; Nos aînés quittent de plus en plus tard leurs domiciles, le vert peut les aider à conserver leur vitalité. En somme, nous devenons de plus en plus sociables, heureux, amicaux, calmes et sains et tout cela, grâce aux plantes. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Qu’est-ce que l’Agenda Vert ?

L’Agenda Vert est un programme d’études du secteur prioritaire de l’Horticulture des matériaux de base dans le thème de l’innovation « Santé et Bien-être » et du programme parapluie  « Groen voor een gezonde leefomgeving » (La verdure, pour un habitat sain »). Six programmes d’études, lancés dans le cadre de l’habitat, du travail, de l’enseignement et de la guérison, seront suivis d’autres thématiques d’ici 2018. On y répondra aux questions concernant la santé, le bien-être, l’urbanisation et le rôle de la verdure dans ces cadres. Les premiers six chercheurs ont présenté leurs programmes au cours d’une assemblée tenue le 28 juin dernier.

De quelles preuves disposons-nous jusqu’à présent ?

Joop Spijker, directeur des recherches dans les domaines de la Forêt, de la Nature et des plantes en ville chez Alterra, s’est approfondi sur l’étude qu’il mène avec Sjerp de Vries : une étude comparative des résultats de questionnaires (examen) par rapport à une étude identique sur le comportement réel. Les Néerlandais par exemple affirment qu’ils attachent de l’importance à la verdure. Ils estiment aussi que cette dernière est, tout comme la nature, bénéfique à la santé.

Mais…

a)    comment cette affirmation se reflète-t-elle dans le comportement ?

b)    est-il vrai que le vert améliore la santé ?

Ce programme porte essentiellement sur les matières qui ont déjà été examinés et sur les résultats identiques d’un certain nombre d’analyses. Ces résultats, traités dans une base de connaissances données, constituent ensuite des fiches techniques pour chaque thème. La question essentielle se profile de plus en plus comme suit : Pourquoi les humains se sentent-ils bien mieux dans un environnement vert ?

M. Spijker a précisé, soit dit en passant, qu’il reste encore trop de travaux sur les questionnaires, qu’ils sont donc basés sur l’auto-perception et que les données réelles mesurées sont encore en nombre insuffisant. Un exemple : Les personnes interrogés affirment qu’elles se sentent mieux, mais… leur hypertension a-t-elle ensuite été mesurée ?

Comment optimiser une région pour la rendre favorable à la santé ?

Robbert Snep, chercheur chez Alterra, est en quête d’écosystèmes verts, en ville de préférence. Il rend les études en cours mesurables et visibles. Il nous a montré l’Adaptation Support Dashboard, un tableau de bord numérique où il est possible de procéder à un nouvel aménagement d’un territoire donné à l’aide de conseils basés sur les données des recherches. L’étude introduite devient une recommandation verte pratique pour la zone concernée. On voit ensuite le rôle que cette zone joue au sein du problème climatique, par exemple. Cette façon de traduire la technologie en applications pratique permet d’établir le pont afin de transférer ces connaissances aux gestionnaires, par exemple, ou aux architectes. Cet outil climatique existe déjà ; Robbert Snep désire toutefois lui ajouter l’aspect Santé dans l’étude en cours sous le dénominateur « Groene Health Check » (Contrôle de la Santé Verte). Chose plutôt complexe… Comment convertit-on la santé en termes de mètres carrés ou de nombre d’arbres ?

Green Health check

Pourquoi planter un certain arbre à un endroit défini ?

Une approche à laquelle se joignent parfaitement les recherches de Jelle Hiemstra, chercheur senior spécialisé en matière de plantes et d’arbres auprès du WUR (Wageningen University and Research Centre). Hiemstra cherche en effet à savoir quels arbres correspondent le mieux à des emplacements donnés, et pour quel motif. Les raisons de planter un arbre quelque part sont multiples : on envisagera la santé, bien sûr, mais aussi l’ombre, le bruit ou encore, la biodiversité. Ses recherches lui font prendre conscience du peu de connaissances immédiatement mobilisables des gestionnaires de la verdure dans les villes ; Il découvre aussi qu’ils s’interrogent insuffisamment sur la question. Pourquoi veut-on un arbre donné, et quel arbre convient le mieux dans un cas précis ? Les avis étaient unanimes : les résultats de ces études correspondent parfaitement à l’Adaptation Support Dashboard.

Le vert pour le gris

Jana Verboom, biologiste et modeleuse écologique de profession, vient d’entamer ses travaux. Le recensement exact du nombre de seniors (à partir de 65 ans) vivant dans un grand quartier de la ville d’Oisterwijk vient d’être accompli et l’on en sait davantage sur la vitalité de ces personnes. Cette mesure de référence révèle rapidement le rapport statistique entre la vitalité et les niveaux de formation et de prospérité. Les personnes âgées aisées et très instruites jouissent plus longtemps de leur vitalité.

L’objectif est de créer des plans verts dans ce quartier, plans que les habitants planifieront et aménageront eux-mêmes. Les idées seront notées dans un livre public qui sera ensuite distribué. Il n’existe hélas encore aucun budget pour la concrétisation de la plupart de ces suggestions vertes, mais Mme Verboom est en concertation avec l’IVN (Institut pour l’Éducation de la nature et de la Durabilité) qui dans le cadre de son programme « Grijs, Groen & Gelukkig » (Vert, Gris et Heureux) dispose heureusement et grâce à la Postcode Loterij, de fonds pour l’aménagement de verdure à l’intention du Troisième Âge. Ce groupe sera consulté à chaque phase du projet dans le cadre d’une étude de la participation des personnes de cette tranche d’âge (tous degrés de vitalité confondus). Elles seront également sondées sur leur participation au projet, leurs réactions sur la plantation et son utilisation réelle.

Hôpitaux verts et sains

Psychologue clinique au CHU de la Vrije Universiteit, Jolanda Maas, s’est de plus en plus intéressée au cours de sa carrière à la combinaison verdure et santé. L’hôpital Ter Gooi de Hilversum vient d’ouvrir un jardin (pavillon) chimio pour la chimiothérapie des patients. Mme Maas étudie les différences éventuelles entre ce qui est ressenti et mesurable. Ses recherches s’effectuent également au niveau des chambres des malades de l’hôpital où certaines, contrairement à d’autres, ont vue sur de beaux arbres. Comment réagissent les patients ? Dans sa façon d’interroger, la psychologue privilégie la combinaison de mesures exactes – on songera par exemple aux doses d’antidouleurs ou à la quantité de journées d’hospitalisation. Elle est sur le point d’entamer ses dernières recherches en date : l’hôpital de Blaricum a fait installer une verrerie dans son jardin pour l’organisation des activités quotidiennes des patients en Psychiatrie. Les buts sont ici aussi identiques : mesurer la salubrité supérieure de la verdure ; savoir si les plantes vertes ont un effet calmant et(ou) si elles rendent les individus plus heureux, et leur influence sur les traitements/médicaments.

 

groene kas ziekenhuis tergooi

Les plantes, fournisseurs de climat intérieur salubre

Annemieke Smit de Alterra est chercheur senior, spécialisée en matière de nature et de société. Dans ce cas précis, elle dirige un projet dans le cadre d’une étude assez complexe du point de vue organisation. Son équipe est en quête d’entreprises et d’établissements de soins voulant « verdir » une seule partie de leur site, pour pouvoir faire des comparaisons : qualité de l’air et humidité environnante, le taux de CO2 sont-ils préférables dans les espaces verts ? Comment les gens se sentent-ils ? Ensuite… quels sont les avantages à tirer pour le patron ? Le personnel travaillant en salle verte est-il moins malade, plus productif ou non ? Mme Smit espère que cette étude mettra en perspective les coûts tout autant que les profits.

De la science à la rentabilité

Albert Haasnoot, directeur de programme de l’Agenda Vert, ne cesse de le répéter : Ces recherches ont pour objectif d’innover le secteur et les nouveaux domaines visant le renouvellement par le vert. Toutes les recherches que nous venons de décrire ont ces qualités : le réaménagement des salles, la plantation intentionnelle d’arbres en ville, l’implication des habitants dans le réaménagement de quartiers et enfin, la mesurabilité des profits qu’apporte le vert en milieu hospitalier et au travail. Ces travaux livrent des connaissances que les entrepreneurs pourront mettre en pratique par la suite : Si les résultats sont positifs, le marché suivra, c’est sûr et certain.

 

À propos de l'auteur:

I am chief editor and responsible for the concept of Into Green. My focus is on sustainability/cradle2cradle, new earnings models and air quality & plants.

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