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Intérieur: Ce qui fait suffoquer

2017-08-11T10:18:26+00:00 Par |Habitation, Recherche|

Printemps, fais ton entrée ! L’hiver est terminé, on peut rouvrir largement les fenêtres. L’air renfermé cèdera ainsi la place à l’air propre. Déjà, nous nous doutions que cela nous fait du bien. La qualité de l’air en intérieur est parfois alarmante lorsqu’il s’agit de nos prestations. C’est ce que révèlent des études récentes de l’Harvard School of Public Health.

De quoi en étouffer

L’air intérieur s’est amassé l’hiver dernier. Il a été formé par la respiration, tout simplement! Et par le fait que la moquette et le nouveau mobilier contribuent au remplissage invisible des espaces d’habitation et de travail. Et alors ? Je n’en sens rien, je n’en remarque rien ! C’est justement là que le diable se cache ; Ça s’infiltre insidieusement. Travailler, s’asseoir à l’intérieur (ou, pis encore, travailler assis…) n’est pas un plaisir, mais… Ne sommes-nous pas bien plus productifs, sans toutes ces terrasses de cafés si tentantes ? Non malheureusement. Nous perdons considérablement de notre enthousiasme, de nos capacités. Savez-vous que même dans une grande ville, l’air et la qualité de l‘air intra muros sont pires que dehors? 5 à 7 fois plus malsains, en dépit de l’air frais apporté par les systèmes de ventilation modernes. Et comme nous passons la plus grande partie de notre vie entre quatre murs, notre santé en prend un bon coup.

Comment en sommes-nous arrivés là? Augmentation du prix de l’énergie oblige, les bâtiments se font de plus en plus hermétiques depuis les années 70. La ventilation est « confiée » aux installations techniques qui purifient l’air à une certaine fréquence, ou se contentent de le pomper. Tout cela n’est pas sans conséquence. Les premiers effets de cette isolation parfaite, mais malsaine des bâtiments se sont manifestés dès les années 80. De plus en plus, on établit un rapport entre sommeil, irritations, troubles de concentration, fatigue et nausées et la mauvaise qualité du climat intérieur. L’ensemble de ces malaises a d’ailleurs reçu un nom collectif : le Syndrome du Bâtiment Malsain (Sick Building Syndrome).

Un air intérieur propre: Oui, ça vaut la peine

Comment améliorer le climat intérieur ? Peu après la découverte de ces maux, on vit apparaître les premières normes de ventilation (ASHRAE). La construction a non seulement des répercussions sur l’environnement intérieur, mais elle influe aussi l’environnement extérieur ; Cette découverte aboutit, début de ce millénaire, à l’adoption des normes Vertes (LEED et BREEAM). On introduit le principe de la durabilité et nous assistons à l’édification des premiers bâtiments verts.

Depuis, nous avons pris conscience des risques sanitaires de l’air intérieur douteux. Personnel, clientèle, patients et élèves : tous sont concernés. Nous savons aussi que ces risques sont néfastes sur les plans des prestations scolaires et des résultats (professionnels). On s’étonnera pourtant du fait que l’investissement en « air » soit toujours sous-estimé. Comme le constate à juste titre Joseph Allen de Harvard : « Nous passons 90% de notre temps à l’intérieur et 90% des coûts d’un immeuble sont les occupants ; et pourtant, on ne pense qu’après coup à la qualité de l’environnement intérieur et à son impact sur la santé et la productivité ».

Vu l’absence de chiffres exacts concernant les effets, Allen et son équipe entreprennent leurs propres recherches. Ils rassemblent les faits et les statistiques concernant la relation entre l’aération, la qualité de l’air intérieur et ses effets sur nos méthodes de traitement des connaissances et de l’information, ce qu’on appelle les « prestations cognitives ». L’équipe s’oriente sur neuf fonctions cognitives au sein d‘un groupe de 24 participants. Exposés par les chercheurs à des conditions climatiques intérieures variées, telles que les concentrations de COV et de CO2, les cobayes accomplissent leurs besognes normalement. Les techniques d’aération sont elles aussi diverses : normes conventionnelles, Green et Green+. Cette dernière catégorie consiste à ajouter de l’air frais venant de l’extérieur à la norme Green. Les résultats de ces travaux sont publiés en octobre 2015.

Air intérieur: mélange de COV et de CO2

Les COV (Composés organiques volatiles) sont présents dans nombre de produits synthétiques. Ces substances chimiques s’évaporent dans l‘air. On peut les sentir : meubles neufs, colle, les diffuseurs d’aérosol (!) par exemple. Mais elles sont souvent inodores ou elles perdent leur odeur à l’usage, alors que leur évaporation totale dure des années. La formaldéhyde qui se dégage de matériaux de construction tels que le MDF et les panneaux de bois aggloméré est une substance vicieuse et très nocive à fortes concentrations. Elle est à l’origine des troubles respiratoires, des irritations et des maux de tête et, en doses extrêmes, elle génère la maladie professionnelle des peintres OPS. Le taux de concentration des COV est assez limité généralement dans les bâtiments modernes. Il n’en demeure pas moins qu’une exposition constante à la formaldéhyde (même à faibles concentrations) peut provoquer le Syndrome du Bâtiment Malsain.

Revenons aux études du Harvard, où les mesures n’ont été prises que six jours en une quinzaine. Les chercheurs s’attendaient bien aux effets nocifs du COV. Par contre, ils se sont étonnés de l’effet du CO2 (dioxyde de carbone) touchant sept des neuf fonctions mesurées. Nous sommes nous-mêmes les principaux pollueurs d’intérieur à chaque respiration!

Leur liste des trois premières améliorations de prestations (en fonction de l’aération conventionnelle) me fait suffoquer. J’ai peine à croire que nous laissons de côté tant de potentiel humain en investissant si peu en air frais. Jugez-en par vous-même!

tableau

Un air aussi bon à l’intérieur qu’à l’extérieur?

Certaines conditions intérieures sont donc carrément nuisibles à nos prestations. Un bon système d’aération peut en neutraliser quelque peu les effets. Les résultats des recherches de Harvard mettent en évidence l’impact important de changements, tant dans le domaine des capacités cognitives que sur l’esprit de décision. Ils indiquent également qu’un climat intérieur sain peut considérablement améliorer les prestations, l’apprentissage, voire, le bien-être physique de chacun.

Faut-il attendre la venue de nouvelles techniques de ventilation ? Que nenni ! Nous pouvons passer à l’acte tout de suite. Les dispositions favorisant l’amélioration du climat intérieur sont simples et naturelles. Ouvrez régulièrement les fenêtres. Si ce n’est pas possible, prenez des plantes. Elles sont, comme le confirment plusieurs études, des dévoreuses de poussière, des purificatrices de l’air et elles réduisent le stress.

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Les habitants d’un espace d’activités de jour aménagé par Studio School font pousser des plantes pour l’apport d’air frais. Foto: Anselien School

Une façon de créer de l’air frais en appartement.

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À propos de l'auteur:

Anselien School heeft het interieurconcept "Healthy Spaces, Happy Faces" ontwikkeld. Daarin staat een natuurlijke binnenomgeving ten dienste van de mensen en hun beleving. Zodat zij tot bloei kunnen komen, zich prettiger voelen en naar beste vermogen kunnen presteren.

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