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Les bâtiments sains, ça n’existe pas. Des gens sains si, ça existe

2017-08-11T09:23:35+00:00 Par |Inspiration, Lieu de travail|

Suite à son rapport de l’an dernier consacré à la santé, au bien-être et à la productivité au bureau, le Dutch Green Building Council a organisé mercredi 18 mai dernier un séminaire intégrant des conférences sur la santé dans les bâtiments. Ce séminaire s’est tenu dans l’auditoire du Haga Ziekenhuis de La Haye, premier hôpital néerlandais à obtenir le certificat BREEAM. On retiendra en particulier l’attention réservée aux effets positifs des plantes au bureau, thème qui pourtant était encore considéré comme secondaire dans le rapport mentionné ci-dessus. Notre impression à ce sujet.

La santé: un point d’intérêt professionnel évident

Le coup d’envoi a été donné par Daan Bruggink, architecte écologique et président du Groupe consultatif Bâtiments neufs et Rénovation (Adviesgroep Nieuwbouw en Renovatie) de BREEAM Pays-Bas. Sa thèse: plutôt que de la considérer comme un sujet distinct dans les débats sur la durabilité, la santé devrait être un thème évident. Les bâtiments sont tous destinés aux hommes, et ces derniers fonctionnent mieux lorsqu’ils sont heureux. Les coûts du personnel constituent 90% des dépenses opérationnelles d’une entreprise, alors que les frais d’énergie se limitent à environ 1%. Il peut donc être très avantageux d’investir dans le confort d’un bâtiment dans le cadre de la réduction des congés pour maladie, par exemple. Cet effort se révèlera bien plus intéressant que l’investissement dans les épargnes d’énergie. Les propriétaires d’immeubles sont toutefois difficiles à convaincre, et l’on remarquera là une analogie côté plantes. D’où l’importance d’un bon business case. Bruggink cite en exemple un cabinet dentaire de Middenmeer réalisé par son bureau: un endroit agréable et apprécié tant par le personnel que par les patients pour sa lumière du jour, ses plantes et l’attention portée à la salubrité de l’air. La durée des consultations est réduite du fait que les patients s’y sentent moins tendus; le dentiste, qui peut ainsi recevoir jusqu’à trois patients supplémentaires par jour, voit ses revenus annuels augmenter. Bruggink: ‘Il suffira de le prouver pour qu’on se montre plus enclin à investir dans la santé des organisations et de leurs bâtiments’

ORGA architect Dentist practice

Photo: Orga Architect

Le WELL-being pour directive ?

Le label BREEAM pour les bâtiments neufs et de restauration prend en considération neuf champs de prestations, et l’on notera l’importance accordée notamment aux facteurs qui influencent directement la santé : climat, lumière, aération et composés organiques volatils. Le BREEAM vise essentiellement les aspects architecturaux (et la mesure) de la durabilité ; il importe donc d’observer ces aspects sous l’optique psychologique et en tenant compte de l’intérêt de l’utilisateur final. Martin Mooij, responsable de la certification et de la gestion du Dutch Green Building Council, plaide aussi pour une définition large de la santé en matière de constructions. Site, architecture et accessibilité sont importantes lorsqu’il s’agit d’augmenter le sentiment de bien-être des employés. Le progrès suivant serait de compléter l’évaluation des aspects de durabilité plus techniques et architecturaux des bâtiments à l’aide de normes mises au point par WELL. Le souci premier de WELL dans la conception de bâtiments est la santé des utilisateurs. L’organisation s’appuie largement sur les recherches dans le secteur médical. En théorie, on pourrait par exemple admettre que le personnel travaillant dans un bâtiment sain rapporte 50 euros de plus au mètre carré. Mooij en fait faire actuellement une étude scientifique par manque de résultats concrets.

Mise en forme cognitive sur le lieu de travail

Le plaidoyer pour des lieux de travail aptes à stimuler agréablement les fonctions cognitives humaines tenu par Wim Pullen du Centre for People and Buildings est basé sur sa propre expérience en matière d’admissions en hôpital. La prestation cognitive prendra encore plus d’importance dans l’avenir. Pullen souligne par ailleurs l’importance d’un bon environnement intérieur pour le fonctionnement qualitatif du personnel ; il considère par ailleurs que les effets positifs des équipements d’interaction sociale au travail sont surestimés. Il ne sert à rien d’investir dans des sièges loufoques pour stimuler l’esprit ! En revanche, il est extrêmement important de privilégier la mise en forme cognitive d’une organisation. Toute initiative visant à améliorer les fonctions cognitives (mouvements, détente, pauses-repas, café) sera privilégiée ; Les autres « distracteurs » tels que le bruit, un mauvais éclairage, une mauvaise température, certaines dispositions des bureaux, seront en revanche à éviter. L’expérience vécue des employés sera considérée comme essentielle dans ce cadre. Pour illustrer son affirmation, M. Pullen cite le cas de Reclassering Nederland. Cette organisation de réinsertion sociale aménage de nouveaux logis en tenant compte des souhaits et des expériences tant du personnel aussi bien que des clients et des visiteurs. Un environnement décontractant et avenant apporte une ambiance de travail beaucoup plus sereine, et c’est un ‘must’ dans ce secteur où les clients sont souvent tendus.

Four pictures from rooms with lots of plants

Le lieu de travail doit être une invitation à s’y rendre. Il doit aussi déceler le potentiel humain

Wouter Oosting (CBRE) est chargé des Healthy Offices. Tout lieu de travail devrait en fait être considéré comme une extension du corps. Avec les nombreuses options dont nous disposons actuellement pour un travail flexible et numérique, le lieu de travail doit vraiment offrir une valeur ajoutée aux hommes et aux organisations. Le projet Healthy Offices teste les critères auxquelles doivent répondre les lieux de travail avenants et sains mis en avant par les recherches (internationales). Qu’est-ce qui fonctionne réellement ? Quelles sont les interventions qui apportent le bien-être aux individus et augmentent la productivité d’une organisation ? Faut-il boire beaucoup d’eau? Des plantes au bureau? De la mobilité? Ces dispositions sont proposées à 50% du personnel. L’autre moitié du contingent n’y a pas ‘droit’. Oosting tient à vérifier lui-même, dans son propre cabinet, les conclusions des recherches, aussi intéressantes qu’elles soient. Son but: pouvoir conseiller les organisations de façon bien fondée.

La végétation aide… mais les plantes ne se ressemblent pas

Annemieke Smit de Alterra-Wageningen UR signale un certain nombre de tendances : le personnel est prié d’être (presque) toujours joignable, la charge de travail ressentie reste ainsi élevée ; les employés plus âgés travaillent plus longtemps, les sites physiques gardent leur importance, malgré le travail à domicile et numérique ; les lieux de travail sont plus flexibles et les desiderata et le bien-être des membres du personnel prennent de l’importance. Il n’en demeure pas moins que l’on passera toujours une grande partie de son temps dans des sites de travail et que l’on risque, si ces derniers ne sont pas agréables, de tomber malade. Smit insiste sur l’importance des plantes vertes in loco et dans l’entourage du lieu de travail, et des solutions ‘vertes’: promenades à l’heure du déjeuner, ‘weetings‘, pauses dehors etc… De très nombreuses recherches indiquent que les plantes placées dans les bâtiments et sur les édifices aussi bien que la vue sur la verdure contribuent au bien-être, à la qualité de l’air et à la fraicheur des bâtiments. Il n’en demeure pas moins que les conclusions des recherches sont encore trop dispersées, trop limitées ou trop théoriques pour que l’on puisse conclure concrètement que la verdure constitue une des solutions. Chaque variété de plante a ses propres effets et on ne peut donc pas les disposer au hasard. On comprendra dès lors la difficulté des analyses coût-bénéfice et de rentabilisation visant à persuader les propriétaires et utilisateurs d’investir dans des solutions vertes. Dans ce cadre, Alterra a entrepris d’étudier les effets des plantes sur le site de travail. Ces recherches devront optimiser l’utilisation des plantes vertes dans les bâtiments, pour un aménagement durable et une meilleure qualité de vie et de travail. Les organisations qui désirent y participer sont cordialement invitées à s’inscrire. En attendant, signalons la création de l’appli ‘Green up your Desk’ qui permet de poser une plante virtuelle sur son bureau. C’est vrai : le ‘faux vert’ a déjà son effet!

green walls in waiting room

Photo: Mobilane, Live Divider

Haga Ziekenhuis, certifié BREEAM

L’Hôpital Haga s’est vu attribuer en clôture de séminaire le certificat BREEAM d’excellence de durabilité pour son nouvel immeuble, immeuble qui abrite également l’hôpital pour enfants Julianaziekenhuis. C’est la première fois qu’un centre hospitalier reçoit ce certificat aux Pays-Bas. L’édification de l’hôpital a donné lieu à la fondation du consortium VolkerWesselHaga, chargé de la construction du bâtiment et de son entretien dans les 20 ans à venir. Un contrat de longue durée a également été signé pour les plantes d’intérieur et l’aménagement du jardin. Durabilité et environnement salubre : tels sont les principes qui ont accompagné la conception et l’achèvement du centre hospitalier, étant bien entendu que la philosophie du Planetree pour un environnement de soins adéquat a servi de fil conducteur tout au long de la réalisation des travaux. Le résultat : un immeuble original, lumineux et facile à réaménager pour le bien-être et le bon fonctionnement du contingent et des patients. Frédérique Hofstede, pédiatre et directeur médical du Juliana Kinderziekenhuis: ‘Au début, je désapprouvais tous ces couloirs larges, privilégiant dix chambres de malades supplémentaires. Mais je suis convaincue maintenant que l’espace, la lumière et les couleurs contribuent réellement à notre bien-être.’

Un nouveau congrès du Dutch Green Building Council sur la santé dans les bâtiments aura lieu en novembre prochain.

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À propos de l'auteur:

Bij Into Green ben ik web/social media redacteur en auteur. Ik richt me met name op de thema's zorg en onderwijs in relatie tot groen.

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